Les dirigeants de petites et moyennes entreprises ne demandent qu’à partager la valeur, mais le mode d’emploi les décourage. Selon une enquête OpinionWay réalisée pour Gedeon en octobre 2026 auprès de 303 décisionnaires d’entreprises de 2 à 249 salariés, détaillée le 27 octobre par Économie Matin, 86 % des dirigeants de TPE-PME jugent l’épargne salariale pertinente, mais 75 % la considèrent comme trop complexe à déployer. Tout est dit : un outil jugé pertinent mais encore trop complexe à déployer.
Plan de l'article
Une obligation qui concerne déjà des milliers de PME #
Le sujet n’a plus rien de théorique. Depuis janvier 2025, les entreprises bénéficiaires entrent progressivement dans le champ de l’obligation de partage de la valeur, et environ 17 500 structures sont directement visées par cette obligation selon les chiffres de la Dares repris dans l’enquête. Pour ces PME, la question n’est plus de savoir s’il faut mettre en place un dispositif, mais lequel et comment.
Le premier obstacle identifié est financier, ou plus exactement l’incertitude financière : 42 % des dirigeants interrogés citent la difficulté à évaluer le coût pour l’entreprise comme premier frein. Entre l’abondement, le forfait social, les frais de tenue de compte et les honoraires de mise en place, beaucoup de patrons de petites structures renoncent faute de visibilité sur la facture finale.
À lire Internalisation : définition
Les intentions sont là, surtout chez les 10-49 salariés #
La bonne nouvelle de l’enquête tient dans les intentions : 73 % des dirigeants envisagent de mettre en place un dispositif d’épargne salariale dans les 12 prochains mois. La proportion grimpe à 87 % pour les entreprises de 10 à 49 salariés, c’est-à-dire précisément la tranche concernée par les nouvelles obligations légales.
Le sentiment d’isolement reste toutefois marqué dans les très petites structures : 41 % des dirigeants d’entreprises de 2 à 9 salariés estiment manquer d’accompagnement, contre 27 % dans la tranche 10-49 salariés. Plus l’entreprise est petite, moins elle dispose d’un service RH ou d’un expert-comptable outillé sur le sujet, et plus la marche paraît haute.
Ce que confirment les autres baromètres
Ces résultats rejoignent ceux d’une étude menée par Occurrence pour AG2R LA MONDIALE, conduite du 23 février au 9 mars 2026 auprès de 1 400 décideurs d’entreprises. On y apprend que 58 % des entreprises disposent d’un accord d’intéressement, 54 % d’un accord de participation et 57 % d’un plan d’épargne avec abondement, mais que la mécanique repose très largement sur le chef d’entreprise lui-même : 42 % des décisions de mise en place ou d’évolution d’une épargne salariale sont prises directement par le dirigeant, contre 31 % par la direction des ressources humaines.
Les freins recensés par cette seconde étude recoupent ceux de l’enquête OpinionWay : le coût réel pour l’entreprise inquiète 36 % des décideurs, le choix du bon dispositif 35 %, le traitement fiscal 33 %. Et même lorsque le dispositif existe, il reste sous-utilisé : seuls 44 % des salariés effectuent un versement volontaire de leur intéressement ou de leur participation.
À lire Réussite en entreprise : repères
Comment transformer la contrainte en levier de management #
Pour un dirigeant de PME, l’enjeu dépasse la conformité réglementaire. Un accord d’intéressement bien construit aligne la rémunération variable collective sur des objectifs que les équipes peuvent réellement influencer : marge, qualité, délais, satisfaction client. C’est un outil de pilotage autant qu’un avantage social, et il bénéficie d’un cadre social et fiscal favorable par rapport à une augmentation de salaire équivalente.
La méthode compte davantage que la vitesse. Commencer par un dispositif simple, avec une formule de calcul lisible par tous les salariés, vaut mieux qu’un accord sophistiqué que personne ne comprend. Les fédérations professionnelles, les experts-comptables et les teneurs de comptes proposent désormais des accords types adaptés aux petites structures, précisément pour répondre à ce besoin d’accompagnement que les enquêtes mettent en évidence.
Questions fréquentes #
Pourquoi les dirigeants de TPE-PME hésitent-ils encore sur l’épargne salariale ?
Selon l’enquête OpinionWay pour Gedeon d’octobre 2026, 75 % des dirigeants jugent le dispositif trop complexe à déployer et 42 % citent la difficulté à évaluer le coût pour l’entreprise comme premier frein, alors même que 86 % le trouvent pertinent.
Combien d’entreprises sont concernées par l’obligation de partage de la valeur ?
Environ 17 500 entreprises sont directement visées par l’obligation de partage de la valeur applicable depuis janvier 2025, selon les chiffres de la Dares repris par Économie Matin.
À lire Anti-crise : définition
Les PME comptent-elles s’équiper prochainement ?
Oui : 73 % des dirigeants envisagent de mettre en place un dispositif d’épargne salariale dans les 12 prochains mois, et cette intention monte à 87 % dans les entreprises de 10 à 49 salariés.




